POETANDO

In questo blog raccolgo tutti gli scritti, poetici e in prosa, disegni e dipinti di mia ideazione
Un diario dei miei pensieri non segreto, ma aperto a tutti.
E le poesie di amici e poeti illustri, che più mi hanno colpito.
In calce alla home page, così come sulla destra della stessa, potete leggere i miei quattro e-book, basta cliccare sulla copertina, e si apriranno le pagine. Buona lettura!

mercoledì, febbraio 10

Devant les banquettes di Roberto Vittorio Di Pietro

In allegato troverà una mia poesia (in francese) che, a suo tempo, aveva incontrato notevole favore fra i lettori d'Oltralpe: briosa, ironica, provocatoria e amara. Anche qui, però, occorre forse un' osservazione indispensabile: il titolo riprende l'espressione idiomatica francese "jouer devant les banquettes", che significa "recitare a teatro vuoto" quindi esibirsi  sulla scena in assenza di spettatori. Le implicazioni metaforiche credo si rendano sufficientemente palesi nel contesto della poesia.
Grazie ancora, Danila.
Roberto Di Pietro 

Sono io che debbo ringraziare un così grande poeta, per voler condividere con me e con questo blog, le sue meravigliose opere. 
Grazie a lei, Roberto!






J’invoque la muse familière…pour qu’elle m’aide
à chanter les bons chiens…ceux-là que chacun écarte…
excepté le poète qui les regarde d’un oeuil fraternel.
(Charles Baudelaire – Le spleen de Paris))

Teach us to care and not to care,
Teach us to sit still.
(T. S. Eliot  - Ash Wednesday)

DEVANT  LES  BANQUETTES

Mais non? Mais si: à quoi bon
se soucier maintenant
à ce tournant, en ce nouveau
décor de ma vie,
de ne jouer que devant
les banquettes, comme on dit.
Ma seule joie, mon loisir
de bourgeois retraité
c’est d’aller me fumer
une, deux, trois cigarettes,
assis sur un banc
au soleil de l’après-midi.


Et sourire…
Aux enfants? aux humains?
Allons donc! 
Aux bons chiens -
quels qu’ils soient,
 frisottés, à la peau lisse,
caniches ou danois
même pouilleux, même crottés,
quoique calamiteux, dégourdis,
nullement complexés, grȃce à Dieu -
tous ceux qui viennent me flairer…
me lécher…me flatter…
me frotter, se frotter hors de soi!
à mes jambes, mon bas-ventre, mon giron!…


Quel régal! Mais pourvu
qu’il s’en foutent,
s’en foutent mordicus
des cris, des grimaces, des menaces,
   (à quel point?...diantre! zut!
 comme leur premier
poil au cul)
 de leurs maîtres-patrons…
ces guépards et guenuches…
affolés, ahuris,
qui s’approchent! les reprochent!
les insultent! ces lascifs cupidons
grisés par mes folles caresses!
Les engueulent et m’engueulent
comme du poisson?…pire, du porc
infect, puant, tout pourri!
 Bigre, comme une brute ils les poussent!
Puis les frappent, les emportent!…
les arrachent pour de bon
 de mes cuisses, de mon aine 
(enjouée, la salope!),
tous ces museaux mutins,
si moites, si fripons, si gentils …
ces tendres minois, si charmants,
de mes anges sans façon…
 de mes seuls honorables amis.


Voyez-vous quelle déveine?
Et dire que l’ultime,
tout à fait le dernier
moindre espoir de ma vie
 ne serait désormais
que de fumer
fumer comme un dingue
cinq, six, sept cigarettes:
assis sur un banc,
n’importe où, en plein air,
en me grattant, m’agaçant
un gros bouton de jeunesse
soudain surgi (sale affaire!)
parmi les vieux poils du menton:
et jouer finalement
pour moi-même,
jouer
sans regrets, sans détresse,
sans bastringue 
pour mon ȃme rafraîchie:
jouer devant les banquettes
  sans copains ni copines,
sans bons-becs instruits (soi-disant)
qui te lancent des bravos! et entre-temps
te méprisent comme un sot,
comme un demeuré, comme un cancre!
Qui bȃillent sans répit et roupillent…
 en fait s’en balancent des bêtises
de tous les poètes emmerdants,
lyriques ou ironiques…tous maudits!


Et sans eux non plus?...
 Les bons chiens? Eh bien, si!…
Si jamais ces titis
on pouvait (ah, le pouvait-on!)
les chauffer deux minutes
sur son sein!
Si seulement ces gamins sans chichis
qui viennent tour à tour t’enlacer 
en dépit des rappels, des rengaines, 
n’avaient pour public –
et bien, oui, tout comme moi
au théȃtre, sur la scène, jadis…--
la même race de voyeurs indiscrets …
trop alertes, trop gueulards…
aboyeurs opiniȃtres!
sans aucune retenue. 

Mais ça vous laisse froids?... ça ne vous dit
rien de rien? Justement,
 presque rien – je m’y entends,
messieurs dames très polis:
Vous, les tantes et tontons, qui savez
garder le chapeau et le silence…
(haletants d’emotion?...en curée,
sans caleçon, et pourtant
bien blottis
derrière un rideau molletonné…
 pour mieux lorgner? reluquer à coup sûr,
ha! vous faire entre vous
les beaux yeux en coulisse?)
ah, vous, les braves gens, bien élevés,
 praticants sans bavures!
Vous, vous les naïfs, qui aunez
l’univers à votre mesure:
vous surtout qui n’avez
guère d’esprit minuscule -- si ce n’est
qu’un Esprit
chancelant
à moitié mal tourné.

Roberto Di Pietro
(mars 2013)







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